LOULOUS SAUVÉS IN EXTREMIS

LES OUBLIÉS DE ROUMANIE

Pourquoi les chiens de Roumanie ?

Contrairement à certains pays en voie de développement, la population des chiens de rue de Roumanie s’est développée relativement tardivement. Le nombre précis de chiens errants est inconnu mais il est estimé entre 500 000 et 3 000 000.

Historique

Le régime communiste de Nicolae Ceaușescu lance une vaste politique de « systématisation » : destruction de maisons individuelles et relogement forcé dans des immeubles collectifs.
De nombreux habitants abandonnent leurs chiens, les animaux étant souvent interdits ou difficiles à garder en appartement.
➡️ Début massif de la population de chiens errants dans les villes roumaines.

Après la révolution roumaine et la chute du régime, les structures publiques sont désorganisées et les politiques de contrôle animal deviennent insuffisantes.
➡️ La population canine continue d’augmenter sans véritable programme national coordonné.

Les municipalités peinent à gérer :

  • la reproduction incontrôlée,
  • l’abandon d’animaux,
  • le manque de refuges,
  • l’absence de campagnes massives de stérilisation.

➡️ Dans certaines grandes villes comme Bucarest, les chiens errants se comptent par dizaines de milliers.

Les autorités roumaines mettent en place des campagnes de capture et d’euthanasie des chiens errants.
Mais sous la pression des associations de protection animale et des institutions européennes, plusieurs restrictions sont adoptées.

En 2004, le cadre légal permettant l’euthanasie systématique des chiens non réclamés est supprimé.

Un garçon de 4 ans meurt après une attaque de chiens errants à Bucarest.
L’événement provoque une émotion nationale et relance fortement le débat public sur la sécurité et les chiens errants.

Adoption de la loi sur l’euthanasie

Le Parlement roumain adopte une loi autorisant :

  • la capture des chiens errants,
  • leur placement en refuge,
  • leur euthanasie après 14 jours si personne ne les adopte ou ne les réclame.

La loi divise durablement :

  • les autorités locales et une partie de la population, favorables à l’euthanasie pour des raisons de sécurité ;
  • les associations de protection animale, qui dénoncent des abattages massifs et réclament davantage de stérilisations et d’adoptions.

➡️ De nombreuses ONG internationales organisent depuis des campagnes :

  • de stérilisation,
  • de sauvetage,
  • d’adoption vers l’Europe occidentale.

Les conditions de vie des chiens roumains

En Roumanie, la vie des chiens errants est un combat quotidien pour la survie. Face à un climat extrême (hivers polaires et étés caniculaires), ils n’ont aucun abri et sont constamment chassés par les habitants ou traqués par les dogcatchers. Les empoisonnements, la cruauté humaine et les accidents de la route rendent le taux de mortalité dramatique. Pour ne rien arranger, la modernisation des poubelles, désormais installées en hauteur, les prive de leur principale source de nourriture, les condamnant à la famine, aux maladies et aux bagarres.

Cette détresse constante et les traumatismes infligés par l’homme marquent profondément ces animaux. Par instinct de défense, ils se montrent parfois craintifs, insaisissables ou sur la défensive (aboiements, grognements). Leur confiance envers l’humain ayant été brisée, ils ont besoin de beaucoup de temps, de patience et de bienveillance pour panser leurs blessures.

  

 

Les fourrières publiques

Avec peu de stérilisation, le nombre de chiens errants a explosé ces dernières décennies. Face à ces larges populations de chiens, la Roumanie a adopté une réponse radicale : des campagnes d’extermination de masse. Les chiens étaient pourchassés pour être matraqués, fusillés, ou capturés pour être placés en fourrière puis être euthanasiés.

Ces milices, payées par l’Etat roumain, sont appelées « les dogcatchers » (attrapeurs de chiens/employés de fourrière).

Une fois capturés, le sort de ces chiens est scellé par la législation roumaine : la loi autorise leur euthanasie après seulement 14 jours ouvrés si personne ne se manifeste pour les réclamer ou les adopter.

Entassés dans des cages exiguës, délabrées et rarement nettoyées, les chiens survivent souvent dans des conditions d’insalubrité totales. Privés de soins et de nourriture suffisante, le taux de mortalité y est effroyable. Dans cette promiscuité forcée et face à la faim, la détresse pousse parfois les animaux à s’attaquer entre eux. Pour les autres structures qui affichent complet, l’euthanasie de masse est pratiquée de manière systématique et expéditive.

C’est face à cette horreur absolue qu’interviennent aujourd’hui de nombreuses associations étrangères, dont la nôtre. Avec nos modestes moyens mais une détermination sans faille, nous menons une course contre la montre pour sauver quelqu’uns de ces chiens vers nos structures partenaires avant la date fatidique. Les sortir de là, c’est leur offrir la chance de connaître enfin la dignité, le soin, et l’espoir d’un foyer.